Primaires : levier démocratique ou facteur de défaite ?



A un an de l’échéance présidentielle, la question de la désignation des candidats s’impose à l’ensemble des formations politiques, dont certaines envisagent à nouveau l’organisation de primaires. Ce mode de sélection, décliné sous différentes formes (ouvertes, fermées ou semi-ouvertes), s’est progressivement imposé dans le paysage politique français depuis les années 2000.

Si ces procédures visent à renforcer la légitimité des candidats en les adossant à une dynamique participative, leur bilan électoral demeure contrasté. En pratique, rares sont les candidatures issues de primaires ayant conduit à une victoire présidentielle — l’élection de François Hollande en 2012 faisant figure d’exception. A l’inverse, plusieurs exemples récents illustrent les difficultés engendrées par ce processus, qu’il s’agisse des divisions persistantes qu’il suscite ou de l’incapacité à rassembler durablement un camp politique.

Dans cette perspective, le Professeur Jean-Philippe Derosier souligne que ces mécanismes tendent à exacerber les rivalités en amont, avant d’imposer un rassemblement souvent artificiel autour du candidat désigné. Celui-ci peut alors voir sa crédibilité fragilisée, gagnant en légitimité formelle ce qu’il perd en cohérence politique.

Le Professeur invite ainsi à relativiser les vertus prêtées aux primaires et à envisager d’autres modalités de désignation, reposant soit sur le rôle des partis et de leurs militants, soit sur l’émergence progressive d’une candidature à travers le débat public. Une condition demeure toutefois centrale : la capacité des acteurs politiques à faire primer l’intérêt de leur camp sur les ambitions individuelles, exigence que les primaires peinent, en pratique, à satisfaire.


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© Crédit photo : AFP



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